Liberté couleur d'homme
Quelles bouches voleront en éclats.
Tuiles
Sous la poussée de cette végétation monstrueuse
Le soleil chien couchant
Abandonne le perron d'un riche hôtel particulier
Lente poitrine bleue où bat le cœur du temps
Mais ceci est beaucoup plus tard
Faibles Atlantes
Rivière d'étoiles
Qui entraînes les signes de ponctuation de mon poème
et de ceux de mes amis
II ne faut pas oublier que cette liberté et toi je vous ai
tirées à la courte paille
Si c'est elle que j'ai conquise
Quelle autre que vous arrive en glissant le long d'une
corde de givre
Cet explorateur aux prises avec les fourmis rouges de
son propre sang
C'est jusqu'à la fin le même mois de l'année
Perspective qui permet de juger si l'on a affaire à des
âmes ou non
19… Un lieutenant d'arlillerie s'attend dans une traînée
de poudre
Aussi bien le premier venu
Penché sur l'ovale du désir intérieur
Dénombre ces buissons d'après le ver luisant
Selon que vous étendrez la main pour faire l'arbre ou
avant de faire l'amour
Comme chacun sait
Dans l'autre monde qui n'existera pas
Je te vois blanc et élégant
Les cheveux des femmes ont l'odeur de la feuille
d'acanthe
0 vitres superposées de la pensée
Dans la terre de verre s'agitent les squelettes de verre
Tout le monde a entendu parler du Radeau de la
Méduse
Et peut à la rigueur concevoir un équivalent de ce
radeau dans le ciel
André Breton
Cliair de terre
Poésie/Gallimard