Il y aurait beaucoup à dire… Les interventions d'Annie Le Brun sont les plus justes, le souffle surréaliste anime ses paroles ; Annie Le Brun vit le surréalisme intérieurement tout comme Jean Benoît. Insupportable présence de Jean Paul Goude ! Il nous offre là une lamentable démonstration de celui qui pense avoir compris et exprimé au mieux la pensée surréaliste. Oser qualifier d'acte surréaliste le défilé sur les Champs-Élysées -— qu'il a orchestré pour la commémoration du bi centenaire de la révolution française — est tout bonnement intolérable. Le tout appuyé de propos nationalistes ! Quand on sait ce que les surréalistes pensaient du nationalisme et du patriotisme, l’ignorance de ce monsieur est éclatante. Et de prétendre que Marcel Duchamp ne l'aurait pas désavoué, c’est le comble ! Goude ignore sans doute qu’invoquer les morts peut provoquer en retour des poltergeists redoutables.
1. 03/03/2008
(monsieur Pascaud je met ici le mail que je vous envoyates, ne sait-on jamais s'il pourra donner quelques idées aux employés des restauration rapide, s'il reste des employés aux restaurations rapides qui connaissent le surréalisme)
Monsieur Pascaud,
Le surréalisme d’après 1930 m’a beaucoup exaspéré mais je dois bien admettre que je préfèrerais toujours les Annie Le Brun aux Julien d’Abrigeon.
Ceci dit figurez-vous qu’hier j’ai révisionné la petite vidéo intitulée Changer la vie ? disponible sur votre site, pour réentendre un passage touchant du touchant Jean Benoît, dont je ne connais rien d’autre. C’est le passage magnifique où le petit vieux canadien dit s’enorgueillir d’avoir réalisé tous ses rêves, excepté celui de tuer un missionnaire. Je regardais d’une seule oreille la fin de la vidéo en rédigeant un c.v. et une lettre de motivation, toutefois, comme rappelé à la vidéo par le jacassement d’un jeune imbécile prétentieux (je comptais d’ailleurs déserter immédiatement votre site, mais je lus l’introduction que vous fîtes justement à cette petite vidéo, et vous aviez qualifié cette intervention du jeune con d’inacceptable. Alors je restais). Mais vint le temps où il fallut amener le c.v. au restaurant Quick. Je m’y activais. C’était 10 heures du matin. Ensuite je suis allé me coucher, non sans avoir dégusté une délicieuse salade d’avocats et de tomates préparée par ma femme (je ne le noterais pas si ce n’était le seul repas autre que le Nutella o.g.m sur des biscottes accompagné de gros vin rouge depuis 2 semaines). Voilà.
Je ne vous ennuierai pas non plus si je n’avais fait un rêve encore plus magnifique que celui de Jean Benoît. Je me revoyais dans la situation semblable devant le Quick, à l’exception près qu’un glock automatique avait remplacé dans l’enveloppe le c.v. Je ne peux pas vous l’assurer avec certitude mais ce glock me semblait-il était un dont s’était servi Richard Durn (l’humanité ait son âme). Ce pistolet s’appelait désespoir (mais il avait encore d’autres noms innombrables difficilement audible). Vous imaginez sûrement la suite mais je vous la raconte quand même. Je tirais déjà sur une fille famélique lavant les tables devant le Quick. J’entrais, je tirais sur tout ce qui portait une casquette Quick. J’arrivais à la caisse, je tirais. Je tirais je tirais je tirais. Le manager, je tirais. Et comme dans les vieux films de Bruce Lee, le méchant était toujours en haut, toujours plus haut, alors je tirais je tirais jusqu’à arriver en haut, empruntant des escalators infernaux. Mais je me réveillais. Comme Rigaut quand je me réveille c’est malgré moi. Hélas. Bref, la première chose qui me vint à l’esprit est cette phrase : « voici ma contribution à l’abolition de l’esclavage salarié » (car j’avais entrepris, après avoir tué tout le personnel du restaurant Quick, de me tuer aussi). C’était une phrase que j’avais envoyé par mail à ma femme quand nous nous étions séparés et que j’étais retourné dans ma terre natale pour traîner mon corps devant les laides vitrines (qu’il faudra bien détruire un jour) des agences de location d’esclaves.
Voilà. Notez que maintenant, ce rêve m’apparaît avoir une autre signification, du fait que je n’ai pas accédé au chef (celui qui est tout en haut). Le diable (ou le bourgeois, comme vous voulez), individuellement n’est pas accessible. La bourgeoisie n’est avant tout pas une chose matérielle, disons (je ne suis pas philosophe hein, je laisse Vincent Descombes me protéger sur ces questions, comme Ben Laden sur d’autres). La bourgeoisie est dans la manière de voir les choses, dans une perception du monde, et la capacité ensuite de façonner le monde à ses désirs. Hitler, situationniste !
Vous aviez fait un sondage sur votre site, monsieur Pascaud, il me semble y avoir répondu plus individuellement.
Très cordialement,
Château jambon-beurre,
Anthony Mouillon
duc de Trèfle.
(une version visuelle pour les paresseux : http://www.dailymotion.com/video/x4ipig_document-derisoire_creation)
2. 03/03/2008
Merci beaucoup pour votre commentaire et pour votre création vidéo qui m'a touché.
3. 07/03/2009
Ce monsieur Goude est un con. Je ne veux pas répéter ce que m. Pascaud a déjà dit, et bien dit, mais c'est absoluement révoltant de voir qu'on puisse donner la parole à cette raclure dans un documentaire sur le surréalisme, qui, pour le reste, était assez intéressant.
J'ai été étonné et amusé d'entendre l'accent québecois de Jean Benoît, que j'avais rencontré à Québec en 2004 et dont l'accent m'avait paru beaucoup plus français à ce moment...
4. 07/03/2009
Merci Alexandre pour la fraîcheur et le côté frondeur de votre commentaire que j'apprécie beaucoup.
Vous êtes le bienvenu.
5. 22/08/2010
Au contraire, je pense que la présence de Jean-Paul Goude se justifie pour démontrer ce que le surréalisme n'est pas! Se prétendre surréaliste ne suffit pas pour l'être, être décalé ou subversif ne signifie pas être révolutionnaire, être révolutionnaire ne veut pas forcément dire surréaliste en revanche être surréaliste c'est être révolutionnaire ce que Jean-Paul Goude n'est pas!