Apostrophe 1977

 

Le surréalisme est-il entré dans les mœurs ?

Apostrophes
90è numéro

A2 - 25/02/1977 - 01h18m52s


Bernard PIVOT reçoit des auteurs dont le point commun est l'écriture sur le surréalisme; un invité surprise est annoncé pour la fin de l'émission et pour lequel une chaise vide est réservée.
Bona de MANDIARGUES, peintre surréaliste et auteur de "Bonaventure" parle de sa peinture et du surréalisme en peinture. Un banc titre de ses ¿uvres illustre ses propos.
André THIRION présente sa pièce, sorte de fantaisie surréaliste intitulée "Défense de".
Lors d'un télé-trottoir des passants répondent à la question de Gilles LAMBERT : qu'est ce que le surréalisme ?
Jean Jacques BROCHIER tente de définir le surréalisme à travers son ouvrage "l'Aventure des surréalistes, 1914-1940".
Gérard LEGRAND est l'auteur de "André Breton en son temps" . Il raconte ses relations avec Breton, et ce qu'était la signification d'être surréaliste après 1945 c'est-à-dire affirmer un refus de l'ordre établi et de toutes les idéologies. Pour lui le surréalisme a été plus une école de conscience qu'un jeu intellectuel.
Robert LEBEL présente son ouvrage "la Civilisation surréaliste", en rappelant l'état de rupture du surréalisme, c'est l'expression d'un refus de s'insérer dans la société telle qu'elle est.
Les uns et les autres tentent d'apporter leur définition personnelle du surréalisme, et d'évaluer ce qui reste du mouvement de Breton.

Note de l'INA

 
Note personnelle : cette émission devait-elle avoir lieu ? Ou plus précisément, les personnalités présentes, à l'exception de Brocher, avaient-elles intérêt d'y figurer ? Les personnalités en question se réclamant ouvertement du surréalisme et ayant pris part aux activités collectives du groupe. La contradiction est si évidente ! André Breton, ils sont devenus fous, où êtes-vous ? Dénoncer la prolifération d'ouvrages sur le surréalisme dans une émission littéraire de grande audience telle qu'Apostrophe, c'est consternant. En définitive, c'est de l'acte littéraire purement et simplement.
Reste Bona de Mandiargues, touchante dans sa présentation et vision des choses, qui parle avec sa sensibilité de sa création, du surréalisme, loin d'une prétention intellectuelle qui se prend les pieds dans son propre tapis, lequel n'a plus rien de volant.

Fabrice PASCAUD

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Commentaires (4)

1. JC Martin 01/04/2012

En parfait accord avec les commentaires précédents. L'adjectif que je retiens est "consternant". Pédantisme des uns, Lebel est insupportable avec ses incessants" "n'est-ce pas?" qui ne ponctuent que le vide de son discours, Legrand se gargarise de sa rencontre avec Breton, vacuité des autres, etc. Oui, juste une petite touche agréable avec la seule femme présente sur ce plateau que Pivot a bien du mal à conduire vers un peu de sens. Entre l'admirable non-essai de définition du surréalisme (personne n'avait donc lu le manifeste de 24?) et le micro-trottoir évidemment manipulé afin de signifier que personne n'y comprend rien, du temps de télévision qui, comme l'analyse admirablement Bernard Stiegler, est du temps de cerveau disponible. Oui, consternant.

2. vibrax 12/12/2011

finalement la seul chose surréaliste de cette émission c'est les nombreuses cigarettes fumées et les litres de Whisky descendus dans cette emission ......

3. Alexandre Fatta 14/05/2009

Si l'on mettait bout à bout tous les passages intéressants, ça ferait un gros 3 minutes. À la télévision il est impossible de faire passer un message subversif. Non pas à cause du médium lui même ; c'est la façon dont sont construites les émissions, la façon dont sont menés les débats par des animateurs qui savent ce qu'ils font, qui rend impossible tout approfondissement de sujets un peu plus difficiles. Mais d'un autre côté, j'ai eu l'impression qu'aucun des surréalistes présents n'a su dire les choses correctement, même à des moments où ils en avaient l'occasion. Je n'ai pas peur de dire que j'aurais fait mieux...

4. prounicos 09/01/2009

"Dénoncer la prolifération d'ouvrages sur le surréalisme dans une émission littéraire de grande audience telle qu'Apostrophe, c'est consternant. En définitive, c'est de l'acte littéraire purement et simplement."

Bravo pour ce commentaire. C'est exactement ça. D'ailleurs qui s'intéresse à Jean Schuster, par exemple ? Sa pensée (?), ses écrits, sa vie exercent-ils la plus petite influence ?

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Date de dernière mise à jour : 06/07/2014