Jacques Lacarrière (2 décembre 1925 - 17 septembre 2005)

Jacques Lacarrière occupe une place à part dans ma bliblionirique, il voisine aux côtés de Rimbaud, de Breton, de Duprey… Homme rare, son œuvre et sa personnalité ont éclairé mon cheminement personnel comme seuls savent le faire les êtres habités par la générosité, la passion et le désir de transmettre. « Chemin d’écriture »,  « Les gnostiques », « Dictionnaire amoureux de la mythologie » m’ont apporté cette étincelle de nuit qui, depuis, n’a jamais cessé de briller en moi. Je n’ai jamais eu l’honneur de le rencontrer, seule sa voix m’est parvenue par la magie du hasard objectif si cher aux surréalistes. La première fois, ce fut de manière indirecte. C’était en 2003 lors de la vente de l’atelier d’André Breton, vente qui avait suscité un vent de protestations plus ou moins heureuses selon… J’avais, à cette occasion, rédigé un texte : Le grimoire sans la formule dans lequel je donnais ma vision des choses. Puis, les événements prirent une telle ampleur, que je décidai de le faire signer par différentes personnalités proches d’André Breton ou de sensibilité voisine du surréalisme. Jacques Lacarrière faisait partie de ces personnalités. Ce fut Patrice Corbin qui, participant à mes côtés à cette action, entra en relation avec Jacques Lacarrière. Cela se passa par téléphone et après avoir écouté attentivement le motif de l’appel et le contenu du texte, Jacques Lacarrière s’exclama : « Mais c’est extraordinaire ! Vous m’appelez juste au moment où je m’apprête à mettre le point final à mon dernier livre dédié à Aimé Césaire dans lequel je parle de l’importance qu’a eue le surréalisme pour moi. C’est un magnifique hasard objectif ! Oui, je suis d’accord avec le contenu du texte de M. Pascaud, vous pouvez y apposer ma signature. » La seconde fois, ce fut par l’intermédiaire de l’artiste peintre Myriam Bat-Yosef pour laquelle je réalisais une monographie intitulée : « Myriam Bat-Yosef. Peintures – Objets – Performances. » Durant l’une de nos nombreuses conversations, Myriam me dit : « Jacques Lacarrière a écrit un texte sur mon œuvre. Veux-tu le lire ? » Mais bien sûr, lui répondis-je, et il faut que ce texte figure dans la monographie ! Puis, Myriam s’empare du téléphone et compose le numéro de Jacques Lacarrière. Il décroche et après quelques échanges, Myriam lui dit : « Jacques, je te passe Fabrice Pascaud qui est en train d’écrire ma monographie, il voudrait te parler. » et elle me tend le combiné. J’étais pris de court, ému d’entendre la voix de M. Lacarrière s’adresser à moi. Je ne me souviens plus exactement ce que je lui ai dit, mais juste de lui avoir demandé l’autorisation de reproduire son texte dans le livre (dans lequel se trouve son portrait peint par Myriam Bat-Yosef) et l’avoir invité pour le vernissage de la future exposition qui devait se tenir à Paris à la galerie Claude Samuel. Hélas, le destin en avait décidé autrement, puisqu’une semaine avant le vernissage Jacques Lacarrière nous quittait.
Je mets donc en ligne ces quatre séries d’entretiens dans lesquels Jacques Lacarrière raconte tout son itinéraire avec la subtilité, l’humour, la sensibilité et la Connaissance qui le caractérisaient tant.

 
Fabrice PASCAUD
 
 

1ère partie

 
2è partie
 

3è partie

4è partie

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Commentaires (1)

1. Nouria Mettra 19/05/2009

Souvenir d'adolescence. Merci Jacky- Nanie

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Date de dernière mise à jour : 21/09/2015