
Un battement de cœur
J’ai vu l’ombre et la lumière jouer sur le fil tendu
entre Centaure et le Loup
Leurs dents luisantes se découvraient comme l’asphalte après la pluie.
J’ai vu les chants ancestraux dans la lueur de la nuit
Parler de l’origine de l’homme
des pirogues englouties faisant leur long voyage
Mon ventre se rappelle
avant ma conscience
avant les souvenirs
juste une résonance.
J’ai vu la mer se déployer pour m’ouvrir ses bras
J’y ai pêché la tortue par les sentiers sacrés
Symbole de mon clan bien avant ma naissance.
Et j’ai remonté le temps,
je l’ai tissé,
lissé,
entrelacé
Comme on tisse les palmes sur le toit des cases.
Puis j’ai sculpté ton visage dans le bois de fer
Chambranle de la vie solidement planté.
Le battement de cœur d'une femme est un clocher d'église qui prend feu.
Pascale Billard
Août 2009
1. 07/08/2009
Ravi, mais pas vraiment surpris, de voir ce poème ici! Le relire après avoir lu ton texte sur le langage vernaoraculaire lui donne un autre éclairage. Car ce qui nous trouble bellement ici, du moins pour ce que ce trouble a d'énonçable, c'est ce balancement, ce battement, entre un langage du plus intime et secret, et un ton qui épouse l'impératif des destins.
2. 08/08/2009
@Charp: si tu n'es pas vraiment surpris, moi je l'ai été de voir mon texte frôler d'un battement d'aile toutes les richesses que Fabrice nous met en ligne....
Ce balancement, ce battement, je n'ai pas su le reproduire comme je l'aurais souhaité puisque j'ai la chance de pouvoir sentir la terre vibrer sous les pas rythmiques des dances Pilou.