Le crocodile en Papouasie

Note venue de Nouvelle Calédonie…
Merci à Pascale

Le crocodile en Papouasie

La vallée du Sépik, plus de 1000 kms de fleuve du même nom serpentant de la région des hauts plateaux jusqu'à la mer de Bismarck au nord de la Papouasie Nouvelle-Guinée. La vallée du Sépik, plus de 1000 kms de fleuve du même nom serpentant de la région des hauts plateaux jusqu'à la mer de Bismarck au nord de la Papouasie Nouvelle-Guinée.
1000 kms d'eau bienfaitrice et nourricière traversant montagnes, marécages et bassins, source de vie où se concentre une population dense et riche. Ce genre de richesse qui ne s'achète pas mais qui s'est formée par 40 000 ans de vie préservée du contact extérieur pour encore certains villages sur la partie supérieure du fleuve.
40 000 ans de bataille pour sa survie face à une contrée hostile tant par son climat que par sa situation géographique si bien que même les hommes si avides d'aventures à la « Kolanta » n'osent encore y pénétrer.
On comprend plus aisément l'étroite relation qui peut exister entre la nature et l'homme lorsque celui-ci doit constamment négocier avec elle pour retirer une parcelle de sa substance pour vivre alors que nous avons perdu jusqu'au sens même du mot nature que nous essayons de reconstituer artificiellement pour occuper nos loisirs.
« Au début il y avait l'eau. Un crocodile géant habitait sous la mer » et si l'emblème de cette puissance n'est pas le même, la comparaison avec le Dreaming Aborigène n'est pas loin : « Au début il y avait la terre, puis au temps du Rêve sont sortis les dieux crocodile et serpent..»
La puissance est là, dieux créateurs et mère primordiale avec lesquels il faut savoir concilier quitte à s'en revêtir au travers de tout objet usuel ou cérémonial pour en absorber la substance nécessaire à la vie sans laquelle nul ne serait sur terre.
Proue de pirogue, manche de sagaie, masque de cérémonie aussi bien que tabouret, plats ciselés d'écailles, chambranles de cases, le crocodile est partout présent avec tout l'art déployé dont ils ne sont pas avares pour remercier la Terre nourricière.

 

Je remercie Isabelle et Didier pour cette merveilleuse exposition et surtout de pouvoir nous faire profiter tout au long de l'année de la magie de l'art tribal Mélanésien.


Pascale Billard

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Commentaires (2)

1. Pascale B. 12/11/2008

oui Fabrice mais à quelle autre expo te permettrait-on de t'assoir sur un tabouret bas et de parcourir de tes doigts les ciselures des écailles crocodile? de prendre contre toi la proue d'une pirogue pour en éprouver la rudesse du bois? d'approcher un masque de ton visage pour écouter les murmures des chants geurriers?
Certainement pas au Musée de l'homme ou à Branly!!
20.000kms pour enlever les vitrines entre toi et les objets rituels, t'assoir dans une case pour écouter un conte ou toucher de tes doigts les puissances célèstes,je t'assure que cela vaut le coup.
Bon, facile pour moi, je suis sur place

2. Arcane 17 12/11/2008

Ta note reste quand même onéreuse Pascale. Le billet d'avion pour partir voir cette exposition nécessite une forte organisation
À moins qu'un crocodile onirique accepte de me transporter par la voie des songes, dans ce cas…

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