Sarane Alexandrian

Entretien (datant des années 70) avec Sarane Alexandrian lors de la sortie de son livre :
André Breton par lui-même.

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Commentaires (5)

1. Christophe Dauphin 12/09/2009

COMMUNIQUE : SARANE ALEXANDRIAN (1927-2009)
Notre ami Sarane Alexandrian est décédé le 11 septembre 2009, à Ivry-sur-Seine, où il était hospitalisé. Le Grand Cri-chant (comme l’avait surnommé Victor Brauner) a rejoint la Fée-précieuse, son épouse, le peintre Madeleine Novarina.
Résolument poète, dans la mesure où la poésie est une manière de vivre et pas seulement d’écrire, Sarane Alexandrian est né à Bagdad, où son père était le stomatologiste du roi Fayçal 1er. Durant son adolescence en France, il participe, à seize ans, à la Résistance dans le Limousin. À la même période, il est initié au dadaïsme et au non-conformisme par le dadasophe Raoul Hausmann. À vingt ans, à Paris, il devient « le bras droit d’André Breton », selon l’opinion publique, et « le théoricien n°2 du surréalisme ».
André Breton lui confia d’ailleurs la direction du secrétariat de Cause, avec Georges Henein et Henri Pastoureau, pour répondre à l’afflux des jeunes candidats au groupe surréaliste venus du monde entier. Co-fondateur, en 1948, de la revue Néon et porte-parole du « Contre-groupe H » qui se regroupe autour de Victor Brauner, Alexandrian devient le chef de file de la jeune garde surréaliste (Stanislas Rodanski, Claude Tarnaud, Alain Jouffroy, Jean-Dominique Rey…), des novateurs, qui s’opposent aux orthodoxes du mouvement, en situant le surréalisme « au-delà des idées » et en accordant la priorité au « sensible ». La « rupture » avec André Breton intervint en octobre 1948, mais ne remit jamais en cause son estime et son admiration pour le fondateur du surréalisme. Depuis lors, l’importance, comme l’influence, de Sarane Alexandrian, n’ont pas tant reposé sur son activité au sein du groupe surréaliste, que sur sa démarche de continuité et de dépassement de ce mouvement. Romancier, essayiste, historien d’art, journaliste (L’Oeil, L’Express) et fondateur, en 1995, de la revue d’avant-garde Supérieur Inconnu, (dont le numéro spécial sur « l’Art de vivre » paraîtra fin septembre 2009), Sarane Alexandrian, a publié de nombreux livres, dont certains ont connu un succès international : le Surréalisme et le rêve (Gallimard, 1974), Histoire de la philosophie occulte (Seghers, 1983), Histoire de la littérature érotique (Seghers, 1989). Ses romans « d’aventures mentales », comme ses nouvelles, imbibées de poésie, sont de véritables mythes modernes écrits en autohypnose. Toutes ses oeuvres de fiction, véritables poèmes en prose, sont fondées sur le principe de la métaphore en action. Les Terres fortunées du songe, avec dix-huit dessins de Jacques Hérold, (Galilée, 1980), est indéniablement le chef-d’oeuvre de sa création, et l’une des plus hautes cimes de la prose surréaliste. Il s’agit d’un roman mythique absolument inclassable, ni science-fiction, ni allégorie, ni récit fantastique traditionnel, ni satire d’humour noir, mais tenant de tout cela ensemble. Sa dernière publication aura été Les Peintres surréalistes (Anna Graham, New-York –Paris, 2009), somme dans laquelle il démontre qu’il est l’un des meilleurs connaisseurs de l’art surréaliste. Un des titres auquel il tenait par-dessus tout aura été d’avoir animé, en vingt-neuf numéros, l’une des meilleures revues littéraires et artistiques de la dernière décennie, et d’avoir réuni autour de lui une « fratrie » ardente, qui aspire à être à la hauteur de son magnifique non-conformisme.
A consulter : Sarane Alexandrian, L’Aventure en soi, autobiographie, Le Mercure de France, 1990. Christophe Dauphin, Sarane Alexandrian ou le grand défi de l’imaginaire, Bibliothèque Mélusine, L’Âge d’Homme, 2006.
Christophe DAUPHIN

2. Dominique Hasselmann (site web) 21/10/2008

Oui, c'est exact. Je croyais me rappeler que Charles Duits était plus jeune et attendait de pouvoir faire partie du groupe, et avait été finalement déçu...

Mais Sarane Alexandrian (quel beau nom ! Un moment, j'avais cru qu'il s'agissait d'une femme...) doit être intéressant à lire - ou à lier.

3. Arcane 17 21/10/2008

Merci pour votre message Dominique.

Duits a fait partie du groupe surréaliste mais sa rencontre avec Breton s'est faite, comme vous le savez, lors de l'exil de ce dernier aux États-Unis, époque trouble. Ensuite, les relations passionnelles qui se sont établies entre Duits et Breton ont engendré une distance inévitable. Duits n'avait guère l'esprit grégaire.
Le livre d'Alexandrian traite davantage de Breton dans son itinéraire et sa personnalité. Son analyse est effectivement subtile et loin des poncifs avec lesquels on ne cesse de nous rebattre les oreilles.

4. Dominique Hasselmann (site web) 21/10/2008

J'ai le livre de Charles Duits, effectivement plein d'empathie de la part de quelqu'un qui est resté en marge du mouvement, sans doute trop jeune à l'époque pour pouvoir en faire partie.

En revanche, je n'ai pas lu Sarane Alexandrian, bien que son nom m'ait toujours attiré par son exotisme surréaliste lui-même.

5. Philippe 21/10/2008

Ce livre de Sarane Alexandrian est l'un des plus intéressants et intelligents avec "André Breton a-t-il dit passe ?" de Charles Duits que j'ai lus sur André Breton. L'approche y est sensible et, je pense, nous présente des facettes de Breton dont on ne parle pas assez. Je recommande donc vivement sa lecture bien plus révélatrice que la fort critiquable biographie de Marc Polizotti publiée chez Gallimard.

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Date de dernière mise à jour : 22/05/2014