Pierre Daix… pas revu et pas corrigé

En lieu et place se trouvait une note sur la réédition du livre de Pierre Daix intitulé pour la nouvelle édition Les surréalistes 1917-1932. Comme il était indiqué dans une remarque personnelle, j’avais lu ce livre lors de sa première publication (1993) et avais été très agacé par l’importance accordée à Aragon ; l’amitié ayant uni les deux hommes est trop perceptible et fausse du coup l’analyse des événements. Mais, avec le recul, je me suis remis à la lecture de cet ouvrage. Me disant que j’avais peut-être été excessif dans mon jugement, le fameux recul critique… Quelle idée ! Je passerai sur la prédominance des citations extraites D’une vague de rêves d’Aragon, livre qui se voulait être le manifeste du surréalisme ! La portée de ce texte a autant de poids que celui d’une mouche sur une balançoire. Fort heureusement, le manifeste de 1924 d'André Breton a définitivement entraîné dans les tréfonds cette vaguelette. M. Pierre Daix semble avoir oublié l'existence de ce texte fondateur. Dès la page 10, ma perception première se renforce  : « […] jusqu’au moment, quinze ans plus tard, où après la rupture entre Aragon et Breton, si le surréalisme continue avec brio, le mouvement initial a perdu sa vie en commun inimitable, une partie de ses rêves, et peut-être sa jeunesse. » La formulation captieuse veut nous faire entendre que le départ d’Aragon a sonné le glas du surréalisme. Lorsque l’on sait que c’est précisément le contraire : À la suite de son voyage à Kharkov, Aragon a renié le surréalisme pour épouser la cause du réalisme socialiste et faire, jusqu’à sa mort, de l’à-plat-ventrisme sur le tapis stalinien ! M. Pierre Daix fait du yoyo avec les faits historiques. Puis, las de ces aberrations, mais m’obstinant malgré tout dans ma lecture, je lis à la page 36 que Jacques Vaché est né en Indochine, là c’est le pompon !(1) Est-il permis de dire à M. Pierre Daix que la moindre des choses est de revoir sa copie et, le cas échéant, d’y apporter les corrections nécessaires avant de procéder à toute réédition ? Vous comprendrez donc aisément pourquoi ma lecture s'est interrompue à ladite page. M. Pierre Dex est à mettre à l’inDaix !
Pour conclure, lisez les surréalistes, mêmes mais pas ceux de Pierre Daix.

Fabrice Pascaud

(1) Robert Kopp, l'auteur du regrettable Album Breton publié chez Gallimard, fait exactement la même erreur, le vilain copieur… Pour en savoir plus, c'est ici

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