Pour saluer André Breton

 

Émission réalisée par Maurice Nadeau et Jean Schuster et diffusée la première fois sur France culture en octobre 1966. Interviennent dans cette émission :
AIMÉ CÉSAIRE — CHARLES ESTIENNE — DYONIS MASCOLO — GÉRARD LEGRAND — VINCENT BOUNOURE — PIERRE NAVILLE — ROBERT LEBEL — MARCEL DUCHAMP — JOYCE MANSOUR ET ROGER BLIN.

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Commentaires (3)

1. alain paireg (site web) 11/02/2010

Parmi tous ces témoignages, le plus saisissant c'est Marcel Duchamp quand il dit que Breton lui a révélé des choses qu'il ne voyait même pas. La voix la plus émouvante c'est celle de Joyce Mansour, je ne l'avais jamais entendue" : elle s'en souvient, "Breton parlait rarement de lui-même"... "il aimait la liberté par-dessus tout".

J'ai relu un texte de Pierre Alechinsky à propos de Joyce Mansour. Lui et sa femme Micky étaient inconsolables quand elle quitta les vivants. Alechinsky écrit remarquablement à son propos, on retrouve le passage que je cite dans son recueil "Des deux mains" édité au Mercure de France : "Au téléphone, elle ne disait jamais Allô.Elle vous accueillait d'un Oui dont la musicalité, l'allongement final du i annonçait : je suis tout ouïe. Le Oui d'exigence".

2. François-René Simon 08/02/2010

Ô « l'inflexion des voix chères qui se sont tues »...
Celle de Joyce, la plus émue, la plus aimante, la plus aimable...
Celle de Blin, un lancer de couteau.
Et Césaire, et Charles Estienne, si vrais, si justes.
Question : le surréalisme est-il à l'horizon ou l'horizon lui-même ?

3. Charp (site web) 14/04/2009

Je cherchais trois autres choses sur ton merveilleux site, et je tombe sur ceci. Remarquable ensemble. Curieux contraste aussi. Il y a ceux de "l'extérieur" du groupe: Césaire, Lebel, Mascolo, Duchamp qui font merveilleusement sentir comment Breton pouvait être une telle force d'attraction et de révélation, ce "capteur de poésie" (Césaire),sa générosité,(Lebel, Mascolo) son enthousiasme (Césaire, Mascolo), sa capacité à révéler chacun à soi-même (Césaire et Duchamp) - et qui rappelle l'ambition que F. Schlegel assignait à la "critique" romantique: comprendre un auteur mieux que lui-même. Il y a ceux de l'intérieur, Legrand, Bounoure, qui témoignent moins qu'ils ne déclament, non sans intérêt pour le second, quand même, qui dit certaines choses essentielles, mais donnant aussi une certaine impression d'étouffement, face au "message à transmettre". Et puis il y a Joyce Mansour... Qui commence sur un ton assez proche de ces derniers, mais qui devient peu à peu bouleversante, dans la voix comme dans le contenu, faisant mieux sentir que quiconque ce que pouvait signifier, pour Breton, "pratiquer la poésie". Si on se contentait de l'extrait ici donné, on dirait que Naville passe complètement à côté. Ce qui est en partie le cas, mais son livre "Le temps du surréel" reste un témoignage essentiel. Et même, ce qu'il dit ici, trop seul à souligner les échecs, n'est pas négligeable pour autant.
Merci de beau cadeau de plus, Fabrice.

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Date de dernière mise à jour : 01/06/2014