Pourquoi tant de haine ?

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 JEAN-PAUL TÖRÖK  ANDRE BRETON ET LA HANTISE DE L’ABSOLU
L’Ecarlate
L’Harmattan, 314 p., 28 E


Que de temps gâché à lire la logorrhée de Jean-Paul Török : « André Breton ou la hantise de l'absolu ». L'auteur est absolument hanté par un absolu de bêtise et, surtout, de malhonnêteté caractérisées. Une réponse méritait de lui être administrée — à défaut d'un beau cassage de gueule comme à la belle époque, mais il n'est jamais trop tard… — Dominique Rabourdin se charge de remettre ce pitoyable Török à la place qu'il mérite, celle de l'immondice de la pensée. Qu'il en soit ici remercié.

Cet article paraîtra dans la nouvelle formule de la revue de l'Association des Amis de Benjamin Péret.

F. P.

 


 

Pourquoi tant de haine ?

                                                                          Dominique Rabourdin

André Breton et la hantise de l’absolu, malgré son beau titre et quelques pages intéressantes, ne méritait certainement pas cette trop longue analyse : c’est un méchant livre qui, sous prétexte de « rendre la justice », ne cherche qu’à salir Breton et le surréalisme avec lui. Quelques lignes auraient dû suffire pour en rendre compte si l’auteur n’avait été jadis un connaisseur passionné du surréalisme, et un ami très proche. Je lui « devais » au moins cette lecture attentive.

 

J’ai connu Jean-Paul Török à l’époque où il écrivait dans Positif, alors publié par Éric Losfeld, l’éditeur des surréalistes. Lui-même lié aux surréalistes cinéphiles de l’Âge du cinéma, Robert Benayoun, Ado Kyrou et Gérard Legrand, Török « vénérait » Breton au point, de son propre aveu, d’être « hanté » par lui et de lui consacrer un film (en 1967, pour l’O.R.T.F.). En mai 68, on le vit très exalté. Les années passèrent. Il devint scénariste (en particulier pour Claude Sautet), publia des nouvelles, un roman policier, un essai sur Pierre Benoit et enseigna le cinéma. Il changea radicalement sur le plan politique, au point de s’affirmer clairement de droite, ce qui est flagrant dans son livre Pour en finir avec le maccarthisme. Cela ne concerne que lui.

Il brule aujourd’hui ce qu’il a adoré hier. Dans André Breton ou la hantise de l’absolu il soutient qu’il y a eu « deux Breton » : « le poète issu du romantisme, animé d’une véritable mystique de la poésie », « égaré dans un XXe siècle qui n’était pas à sa mesure » et le Pape du surréalisme, » l’intransigeant chef d’école, le théoricien dogmatique emmuré dans ses certitudes, qui s’engagea aveuglément dans les combats politiques d’un temps qui n’était pas le sien. » Son entreprise consiste à les séparer, à « rendre l’écrivain au domaine auquel il appartient et qui n’est rien de moins que celui de la littérature », donc à faire l’éloge du poète, du grand poète, et en contrepartie de régler ses comptes avec le surréalisme et d’attaquer systématiquement celui qui, pour ses ennemis, en est devenu le « Pape », donc de chercher par tous les moyens à le ridiculiser dans son comportement et jusque dans sa vie privée, tout en assurant n’avoir pas voulu « faire un pamphlet vindicatif », mais « exclusivement une étude critique basée sur des faits, des témoignages et des écrits avérés ». Nous découvrirons donc, au fil du livre, que ce « mystique de la poésie » « s’enchante de Mallarmé sans y comprendre goutte », a mal lu Freud et Hegel, n’a sans doute pas lu Bergson, ne fut « jamais moderne », était « doué d’une puissance de surdité volontaire », avait « l’obstination du fanatique » et « une disposition naturelle à persister dans l’erreur », « le génie de l’amalgame », « un obscurantisme obstiné », et que ce qu’il écrit « relève de la pure affabulation ». Comparé successivement à Staline et Mao et rapproché d’Hitler, il est « totalement ignorant de la politique » — ce qui lui a valu d’écrire des textes « consternants et indéfendables ». C’est aussi un « imposteur » « dont il est à peine croyable qu’il ne soit pas devenu réactionnaire. Je [Török] dis que c’est à peine croyable, parce que ses biographes en apportent les preuves, bien qu’ils le nient ou l’ignorent ». L’« étude critique » s’est transformée en règlement de comptes, sans que l’on connaisse les références de ces informations, toutes « avérées ». La principale source de Török est l’imposante biographie américaine de l’« impartial et objectif » Mark Polizzotti, riche de très nombreux témoignages, dont ceux de tous les ennemis historiques de Breton. Dans son essai sur Les Parasites du surréalisme, Guy Ducornet met en garde contre « la bêtise diplômée et la hargne prétentieuse et conformiste » envers le surréalisme de beaucoup d’universitaires américains et autres prétendus « spécialistes du surréalisme » comme Marie Ann Caws, Whitney Chadwick et… Mark Polizzotti. Mais le petit florilège des titres et qualités de Breton rassemblé plus haut est constitué des appréciations personnelles du seul Török.

 

« Crachons veux-tu bien sur ce que nous avons aimé ensemble. »

(Aragon, La Grande Gaité)

 

 Pour se comporter en « justicier », encore faut-il être soi-même irréprochable. Mais le livre de Török fourmille d’erreurs, parfois ridicules, souvent grossières, d’interprétations systématiquement réductrices et d’ignorances dont l’énumération est fastidieuse. Morceaux choisis : La grande boucherie de 14-18 aurait laissé Breton « à peu près de marbre ». Les Champs magnétiques — dont la sortie [le 30 mai 1920} serait passée « à peu près inaperçue » — aurait été publié « un mois avant Mont de piété [le 10 juin 1919] dont les poèmes, de ce fait, se trouvent complètement dépassés au moment même de leur publication ». Le procès Barrès « préfigurerait fâcheusement » les futurs procès de Moscou.[La référence à la Révolution française aurait tout de même été plus judicieuse, sans parler des facétieuses mises en procès qui commençaient à attirer chaque semaine le public au club du faubourg]. « Ce qui pourrait rapprocher encore un peu plus Breton de René Guénon, c’est ce qu’il faut bien appeler l’athéisme de ce dernier » : curieux athée converti à l’Islam. Ignorance complète de ce qu’a révélé Pierre Daix sur ce qui a été réellement imposé à Aragon et Sadoul au tristement célèbre congrès de Kharkov. Le surréalisme aurait été « inexistant » en France pendant l’occupation, comme La Main à plume aurait été « le groupe de Georges Hugnet » dont Non vouloir serait un « traité » [-c’est un recueil de poèmes]. « Si tant d’intellectuels du P.C. vinrent du surréalisme, c’est qu’il y avait chez la plupart, même chez Aragon et Eluard, une part non négligeable de pur et simple arrivisme, le goût du pouvoir et de la gloire ». Arshile Gorky aurait été « récupéré » par le groupe de 1946 — 1947. La préface de Melmoth  aurait été écrite en 1950 – c’est en 1954. Au début des années 60, Breton aurait « cessé définitivement d’écrire ». Pas de chance : La savante bibliographie de Michael Sheringham, que Török aurait pu consulter, ne cite pas moins de 40 entrées entre 1960 et 1966, sans compter les participations aux textes collectifs. Quelle importance, puisque Török méprise à peu près tout ce que Breton a écrit les 15 dernières années de sa vie et ne mentionne même pas dans sa bibliographie le dernier volume des Œuvres complètes, publié en mars 2008, paru trois ans avant son propre livre. Il n’est pas certain qu’il se soit donné la peine de le lire, alors qu’il est riche en textes totalement inédits ou très peu connus. Du même élan il condamne sans appel les dernières « scandaleuses » expositions surréalistes, pour conclure en affirmant qu’il y eut « bien peu de ferveur populaire à son enterrement », ce qui, quand on connait les images, relève de la pure mauvaise foi. Dans sa rage, même le cimetière des Batignolles devient « l’un des plus sinistres de Paris… » 

Török se serait évité beaucoup d’erreurs s’il avait consenti à lire l’important appareil critique des fameuses Œuvres complètes de Breton. Marguerite Bonnet, leur première responsable, a été assez proche de Breton pour avoir eu accès, bien avant Polizzotti à toutes les sources alors inédites. Török se serait alors aperçu que Polizzotti a utilisé – comme tout le monde ! — les apports de Marguerite Bonnet et de la Pléiade en donnant l’impression qu’il s’agissait de trouvailles ; du reste il n’a jamais pu accéder à certaines correspondances (1). Mais Török préfère considérer le travail de Marguerite Bonnet comme une « entreprise d’embaumement » : Elle est atteinte – pour lui — d’une tare irrémédiable : elle est… trotskiste. Dans son obsession de la prendre en défaut, il va, par exemple, jusqu’à lui reprocher d’ignorer dans sa thèse, André Breton, naissance de l’aventure surréaliste, l’intérêt de Breton pour Guénon alors que ce livre s’arrête à la publication du Manifeste, en octobre 1924, donc avant que Breton ait lu Guénon. L’appareil critique des Œuvres complètes fera évidemment à Guénon la place qui lui revient.(2) Un des principaux défauts du travail de Török  est de se référer à des études contestables, écrites dans une perspective religieuse (Claude Mauriac, Michel Carrouges malgré l’importance que lui reconnaissait Breton) ou orientées politiquement, vers la droite sinon l’extrême droite comme, pour revenir à Guénon, Surréalisme et tradition, ouvrage léger et superficiel d’Eddy Batache, apologiste de Marc Eeemans, contempteur fasciste de « l’art dégénéré », et d’ignorer des travaux infiniment plus rigoureux comme la somme de Xavier Accart, Guénon ou le renversement des clartés . Ajoutons qu’il n’apporte aucun élément nouveau à la connaissance de Breton, que le seul témoignage qu’il ait recueilli lui-même est celui d’Élisa Breton – mais c’était 40 ans au moins avant d’écrire son livre — et qu’il se garde bien de citer ce qu’écrivirent ses amis d’autrefois, comme le Rire des surréalistes de Robert Benayoun. Mais pour Török, Breton est « comme le Christ, [il] ne rit (presque) jamais ».

 Török ne manifeste que du mépris pour les jeunes gens qui rejoignirent Breton à la fin des années 40. Il les qualifie de « plumitifs stériles » et de » rapins sans grand talent ». Ainsi Jean Schuster – une de ses bêtes noires — qui « s’acoquina en 1958 avec le “trotskyste” (?) Dionys Mascolo et participa avec lui à l’élaboration du Manifeste des 121, “bottin mondain de l’intelligentsia parisienne” ; ainsi Philippe Audoin dont le “petit livre” est qualifié d’“évangélisant” ; ainsi l’“artiste conceptuel canadien” Jean Benoit, qui n’est qu’“un clown sinistre” ; ainsi José Pierre dont il ne cite même pas André Breton et la peinture et l’édition des tracts et déclarations collectives du surréalisme, autres ouvrages de référence. Gérard Legrand est l’un des seuls à trouver grâce à ses yeux.

Autre “bête noire” (autre “trotskyste”) Benjamin Péret, qualifié alternativement de “sbire, ‘séide’, ‘âme damnée’ et ‘dévot’. Török est allé chercher et cite longuement une lettre – non envoyée — de Saint-Exupéry reprochant à Breton que son action ‘eût pu être souhaitée par Goebbels lui-même’ et comparant pour finir la photographie publiée dans la Révolution surréaliste de Benjamin Péret insultant un prêtre à celle d’un ‘S.A. insultant des juifs’. Török ne pardonne pas à Péret — comme Georges Hugnet, qui le traitait de ‘pousse au crime’ — d’avoir tourné en dérision, à la libération, la ‘poésie de résistance’ d’Aragon et Eluard avec son Déshonneur des poètes. Il se fait le plaisir de reprendre, souvent sans préciser qu’ils sont déjà cités par Polizzotti, les propos de la plupart de ceux qui ont attaqué ‘le grand indésirable’, et depuis Dada, ça fait du monde. Tzara, Artaud, Paulhan dans les années 20, Bataille, Desnos, Leiris, Prévert, Queneau et les signataires du deuxième Cadavre, les staliniens, les communistes, les ‘poètes’ résistants comme Hugnet , les surréalistes révolutionnaires, Sartre, Maurice Saillet et les pataphysiciens, Henri Pastoureau et les exclus de 1951, Waldberg, Marcel Jean et Maurice Henry et j’en passe, en ‘oubliant que nombre d’entre eux se réconcilièrent avec Breton et écrivirent sur lui des pages souvent très belles qui, comme par hasard, ne sont pas celles que retiennent la grande majorité des historiens. Török ne choisit que ce qui a été écrit de négatif et d’hostile à Breton, ce qui peut le minimiser ou le ridiculiser. Quand il cite Caillois, Duhamel, Prévert, Duits, Naville, Thirion, et même Gracq, ce n’est pas quand ils témoignent leur complicité ou leur amitié, mais pour pointer leurs divergences. Si Révolutionnaires sans révolution, de Thirion, est ‘précieux’, selon lui, c’est qu’il ‘apporte un témoignage capital sur les égarements de Breton et de son groupe dans leur tentative désespérée de conversion à la pensée marxiste’. De Gracq et de Mandiargues ne subsistent que leurs ‘réserves’ sur les orientations politiques et sur les corrections apportées à Nadja lors de sa réédition. Son ironie condescendante, sur l’attirance de Breton pour l’anarchie, sur Jacques Vaché, sur Nadja, ‘sainte personne immaculée de l’église surréaliste’, sur l’action politique, sur les recherches sur la sexualité, sur l’Union libre et ma femme au sexe d’ornithorynque (‘un cas de tératologie intellectuelle, un monstre que seul peut engendrer l’horreur d’un cauchemar’), cette obstination dans le mépris et le dénigrement rendent insupportable un livre qui devient tout à fait odieux quand, après avoir noté à plusieurs reprises que Breton, [qui n’a pas manqué de dénoncer les deux grands fléaux du siècle, l’hitlérisme et le communisme stalinien, à égalité dans l’échelle du mal] ne s’était jamais clairement opposé à Hitler (Török affirmait déjà, en privé, qu’il n’avait jamais dénoncé les camps de concentration !) l’auteur fait l’éloge de la vie à Paris sous l’occupation allemande — depuis Sartre on connait la chanson — et du ‘climat de libéralisme intellectuel toléré et même encouragé par les autorités d’occupation. La vie littéraire et artistique y reprit comme si de rien n’était, et les esprits non conformistes eurent toute latitude de s’exprimer’. Dans ces conditions on se demande bien pourquoi, à la différence de certains de ses anciens amis – Török cite Aragon et Eluard – et de Sartre, Breton, au lieu de s’en accommoder sans difficulté, ne fut jamais de ceux qui, à l’Armistice, pactisèrent, et choisi l’exil.

La démarche profondément réactionnaire qui consiste à traquer implacablement les faiblesses d’un homme que l’on a ‘vénéré’ trouve son aboutissement dans la haine de Mai 68 — qu’il oublie avoir vécu avec exaltation avec ses ‘vandales’, et la dénonciation de ‘la dictature du  sexe et le règne de la pornographie’ qui s’ensuivit. Ce sont ces outrances même qui ôtent finalement toute crédibilité à son livre : Paulhan écrivait malicieusement à son ami Caillois à propos des récits de terreur de son Anthologie du fantastique : "pourquoi le groupement les rend-il à ce point pacifiques et inoffensifs ?" On en oublie quelques pages assez belles où Török ‘témoigne de son admiration’ pour certains des livres de Breton. Elles finissent par faire figure d’alibis. Je n’irai pas jusqu’à écrire que je le regrette.

"J’ai le sentiment de ne pas avoir déchu des aspirations de ma jeunesse et c’est déjà beaucoup, à mes yeux", disait hautement Breton à la fin de ses entretiens radiophoniques. C’est avec ses propres aspirations, avec ce qui avait embelli sa vie que Török règle ses comptes aujourd’hui. Avec haine.

Voix d'André Breton

 

  1. Précision apportée par Étienne-Alain Hubert.
  2.  J’ajouterai, pour citer Étienne-Alain Hubert, que ceux qui ont connu Marguerite Bonnet savent que ses engagements, parce qu’ils étaient authentiques n’excluaient jamais le respect de l’autre et excluaient les partis pris.   

 

 

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Commentaires (9)

1. Michel Jacubowski 24/06/2013

Je viens de terminer l'"œuvre" de monsieur Török (non sans mal et avec un certain malaise je ne vous le cache pas...).Je suis content et soulagé en lisant sur votre site que ce malaise est partagé...il est noté au dos de l'"œuvre" que l'auteur dévorait les écrits d'André Breton et qu'il se passionnait pour le Surréalisme...!?....mais ma nausée provient surtout des deux dernières pages...je ne comprends pas ce genre qui pousse à brûler (presqu'avec délectation ) ce qu'on a aimé jadis, certes il faut évoluer mais le Surréalisme est devenu depuis quelques années une mode récurrente pour le dénigrement, la bêtise , faire du fric et se montrer intéressant dans un domaine déjà passablement écorné par des individus ineptes. Et dire que ce monsieur a fait en 1968 une émission pour la télévision scolaire sur André Breton!

2. alexandre clement (site web) 29/03/2013

Contrairement à ce qu'on croie Torok a commis pire que ce pitoyable ouvrage sur Breton. Il a produit un pamphlet à la gloire du maccarthysme où l'imbécillité le dispute à l'ignorance. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait déconné avec Breton.

3. Patrice Corbin (site web) 16/04/2012

Parmi les ouvrages à ne pas lire concernant André Breton, il y a notamment celui-ci JEAN-PAUL TÖRÖK ANDRE BRETON ET LA HANTISE DE L’ABSOLU, je tenais à le signaler. Moi-même je me suis abstenu de toute tentative allant dans ce sens.
Un de mes amis, aujourd'hui décédé et qui avait connu Breton, me disait : "On peut critiquer Breton, encore faut-il en avoir les moyens", ce n'est manifestement pas le cas de l'histrion plumitif ou pisse-copie Török, selon convenance.
Bref n'oublions pas d'être critique envers Breton, Debord, Marx, Hegel, le surréalisme, les situationnistes, le communisme, la psychanalyse puisqu'en quelque sorte nous sommes les héritiers de tout cela et que notre premier devoir est d'être à la hauteur du dépassement. La critique demande une grande exigence intellectuelle, notre époque se résume malheureusement à l'inflation de cette exigence.
Les révolutions sont à venir, Breton ainsi que tous ceux cités plus haut sont aux carrefours des chemins de l'émancipation, c'est pour cela que nous les aimons, c'est pour cela que nous les critiquons.
Quant à Török, soyons à la hauteur de ses arguties en faisant un clin d'œil à Artaud, quand Török ouvre la bouche, ça pue la merde et il manque l'être.
Patrice Corbin

4. MlleJane (site web) 06/04/2012

Te lire est toujours autant un plaisir, on en apprend tellement ! J'ai hélas un peu perdu le fil ces derniers temps, tellement prise par ma vie en Afrique qui demande tant d'énergie. Je n'arrive même pas à me raconter sur ma page ou du moins si peu. Mais j'ai bon espoir, une fois la phase d'adaptation passée, de pouvoir passer des heures à m'enrichir de tes écrits. Merci Fabrice.

5. Geneviève Bousquet 06/04/2012

Pour répondre à SPIRitus, je suis aussi persuadée qu' il ne faut jamais laisser passer de telles ignominies à propos du Grand Indésirable et du surréalisme qui reste à mes yeux la plus grande entreprise intellectuelle (poétique) du siècle. Restons vigilants et sans être dévots, continuons de "défendre" comme il m' arrive de le faire parfois auprès d' ignorants qui ressassent les vielles lunes, la figure extraordinaire d' A. Breton.

6. DUCORNET Guy (site web) 06/04/2012

Merci Dominique, une fois de plus, pour ta patience à fouiller de telles poubelles qui n'en finiront donc jamais d'empuantir l'atmosphère, surtout en un temps où, à Paris,s'écrivent des âneries dans LE MONDE sur le Surréalisme, et où s'exposent dans une galerie des tenants d'un soi-disant "HERITAGE SURREALISTE" -- du côte de LA BASTILLE, de surcroît -- et subventionnés par une Fondation Salazariste. On y remarque divers parasites du Surréalisme dont un ancien parachutiste de l'armée de Bigeard dans les djebels, un barbouilleur de chapelles catholiques portugaises et j'en passe et quelques autres touristes... Non, décidément, ce n'est jamais fini !

7. SPiRitus (site web) 05/04/2012

Je crois au contraire qu'il est salubre de "répondre", à chaque fois qu'il est possible, aux mensonges - qui se répètent, monotones - concernant le surréalisme et Breton. C'est une sorte de marronnier éditorial qui repousse sur la fosse sceptique idéologique tous les trois ans. Je viens de terminer la lecture de la thèse de Carole Reynaud Paligot éditée par le CNRS, "Parcours politique des surréalistes", qui, à quelques points discutables près, relève la lucidité de Breton, une lucidité de 50 ans ! Mais le volume est augmenté d'une préface grotesque de mépris, et en décalage avec le livre dont elle constitue le seuil, une préface signée par Jacques Julliard. A croire que le sérieux et l'objectivité, surtout s'ils touchent au surréalisme, doivent nécessairement être annoncés par des boni-menteurs institutionnels et des matamores ridicules.

8. Arcane 17 05/04/2012

@ Dominique : Merci pour ton commentaire. Effectivement, se pose toujours la question de savoir s'il faut ou non relever ces crétineries. Finir la lecture de cet infâme torchon a été au-dessus de mes forces. Dominique Rabourdin a eu le courage que m'a manqué, et tant mieux.

9. Dominique Hasselmann (site web) 05/04/2012

On en vient à se demander si ce livre (dont la photo a été heureusement mise cul par-dessus tête grâce à Fabrice Pascaut, ce qui évitera de retenir son titre), méritait une aussi longue critique.

Mais ses arguments, ses citations démontrent à l'envi que ce Török n'a rien compris à Breton, mélange tout, reprend l'antienne défraîchie du "pape du surréalisme" et manque de la moindre honnêteté ou rigueur intellectuelle.

Merci donc à Dominique Rabourdin d'avoir, de manière magnifique, cloué le bec à ce bonhomme qui a retourné sa veste, crache sur une époque flamboyante (hélas, Breton ne connut pas Mai 68, l'un de ses prolongements) et piétine sans complexe ce qu'il avait, semble-t-il, adoré.

Espérons que la prose - en toc - ici décrite ne trouvera aucun preneur. Breton l'aurait, lui aussi, de quelques phrases assassines, renvoyée dans la poubelle des objets putrescibles.

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Date de dernière mise à jour : 06/04/2012