Clair de terre

Clair de terre d'André Breton commenté par Eddie Breuil.
Parution le 22 octobre 2009.

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Commentaires (11)

1. E Breuil 15/12/2009

Chère Pascale B,

Quelques mots pour finir puisque vous trouverez encore suspect que je parle de mon livre... Très suspect en effet. Après la publication il faudrait se désintéresser de son propos ?
Le "beaucoup investi" était maladroit, oui, mais ne sous-entend pas comme vous le faites qu'il vous obligeait à me lire.
Étonnante ensuite votre réaction assez clichée vous en conviendrez sur le fait qu'on n'accepte que les bonnes critiques. Votre "critique" n'en était pas une puisqu'elle s'arrêtait à un simple mépris. Vous avez le droit de critiquer, je suis bien plus ouvert à la critique non-stérile que vous ne pourriez le penser.

"Auriez-vous sorti cet ouvrage du vivant de l'auteur?" Je suis désolé d'être né trop tard. Mais parler et lire, pour moi c'est à peu près la même chose : on veut faire découvrir ce qu'on a aimé, mais j'ai plus l'impression que ce que vous n'aimez pas dans le genre de bouquin que vous critiquez c'est qu'on a l'air de vous donner des leçons et de vous retirer ce que vous avez aimé. Mais pour moi la littérature n'est pas une compétition, tant qu'on ne dit pas de conneries (qui viennent souvent aussi de l'université, j'en conviens ; et c'est pourquoi j'ai évité les sur-interprétations).
Lorsque vous aimez Breton, il peut vous arriver d'en parler à des gens, non ? Dès cet instant vous êtes aussi dans le commentaire. Donc, ne surtout pas parler de ce qu'on aime ?

"Vous trouvez ma critique lapidaire et idiote". Ce n'est pas vous que je visais mais la phrase de Cioran. Quant à votre critique, pour moi ce n'est pas ce qu'on appelle une critique.

"nul besoin de repères aussi, désolée." Tant mieux pour vous, d'autres les ont trouvé utiles, comme j'ai pu trouver utile que des notes de bas de page m'incitent à lire Vauvenargues après avoir lu Isidore Ducasse. Désolé de vous avoir apparemment volé Breton !

Bien à vous

2. Pascale B. 14/12/2009

Cher E.Breuil,
"En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d'ancêtres" A. Breton
Je conçois aisément que vous défendiez votre livre quoique je m'interroge sur votre insistance à le défendre ainsi.
Mais sous prétexte que "vous vous y êtes beaucoup investi" pourquoi faudrait-il que je m'astreigne à le lire?
Vous me répondrez alors que si je ne comptais pas le lire, il aurait mieux valu le silence que la critique mais, mais...
Si mon commentaire par contre avait été un ravissement, une louange à votre égard sans même avoir lu le l'ouvrage, auriez-vous réagi de même en me disant que je ne dois pas critiquer ce que je n'ai pas lu? j'en doute.
Vous dites que A.Breton commentait ses propres textes. Cela vous donne-t-il le droit de commenter les siens pour que "les universitaires y voient mieux et d'un autre regard"?
Auriez-vous sorti cet ouvrage du vivant de l'auteur?
Vous trouvez ma critique lapidaire et idiote. Elle l'est sans doute. Mais soyez certain, nulle frustration de collègienne
nul besoin de repères aussi, désolée.
Très Cordialement

3. E Breuil 14/12/2009

Vous me permettrez, chers Pascale B et Dominique Hasselman, devant le jugement hâtif et sans appel de vos préjugés portés sur mon ouvrage (mon "étude qui viendra s'ajouter à la pile de celles qui cherchent à figer le surréalisme dans l'histoire passée en la décortiquant au millimètre près") de m'interroger sur le pourquoi du mépris apporté à toute critique universitaire.

Du lapidaire jugement idiot et à la logique absente de Cioran "Tout commentaire d’une oeuvre est mauvais ou inutile, car tout ce qui n’est pas direct est nul" au jugement de Beigbeider sur la note de bas de page, pourquoi cette rancoeur contre la critique, si ce n'est un résidus de frustration qui provient, comme il semblerait, du collège ? Et pourquoi également toujours aussi ce cliché de l'interprétation libre, chacun lit comme il veut : d'ailleurs, si c'était le cas, on pourrait changer les mots de chaque poème. Je ne souhaite pas non plus dire le contraire, qu'il n'y aurait qu'une lecture possible, mais que la poésie, comme la littérature, est un langage quand même.

Je tiens encore plus à défendre cette publication que je m'y suis beaucoup investi, souhaitant éviter un travail interprétatif.

Je m'interroge aussi sur un autre point. Si vous n'aimez pas les commentaires sur les textes poétiques, vous ne devez vraiment pas aimer André Breton, qui, je vous le rappelle au passage, a considérablement commenté ses propres textes, comme Tournesol. Son commentaire est très différent cependant du mien, puisque je ne cherche à aucun moment à interpréter, mais à apporter des indications sur la maturation du recueil.

Car au final, si vous lirez un jour cet ouvrage, vous verrez que je ne veux pas enfermer le recueil, mais apporter des repères, tout comme l'historien voudrait donner des documents relatifs à tel événement.

4. Lucile 07/12/2009

Eddie, soyez-en sûr, il y a, aujourd'hui même et devant une bibliothèque... universitaire, une jeune fille de 15 ans (quoiqu'un peu plus) à qui vous avez donné envie de relire L'Union libre...

5. Arcane 17 19/11/2009

@ E. Breuil : merci pour ces précisions qui s'imposaient.

6. E Breuil 19/11/2009

C'est paradoxal qu'en essayant de critiquer (à raison souvent) les universitaires qui parlent sur le surréalisme, on parle ici de l'ouvrage sans qu'aucun ne l'ait lu !

Une précision sur le travail que j'ai fait dans cette étude : aucun commentaire composé (pour vous rassurer !). On y trouve trois parties sur l'élaboration de l'ouvrage (comment s'est constitué le livre, qui a beaucoup évolué durant ses rééditions, quelle est la place de l'auteur dans sa propre publication, contexte des différents recueils). Une partie sur le rapport de Breton à l'amour (c'est une erreur de ne pas en parler !) et quelques remarques sur le style, et la naissance de l'image poétique. On n'aimera pas si on est allergique aux "commentaires", mais, comme Breton LUI-MEME s'intéresse précisément dans ses textes théoriques à la naissance de l'image poétique, c'est une erreur de ne pas regarder ce point.


Mon objectif n'était nullement de faire une explication du recueil : je ne veux pas que ce recueil moisisse dans la sphère scolaire, mais paradoxalement de se servir d'une opportunité qui est offerte aux universitaires (dont peu profitent !) pour essayer de fournir des indications afin de rendre la lecture du recueil vivante. Je suis bien plus heureux si mon étude permet de faire aimer L'Union libre à une fille de 15 ans que s'il permet stérilement à des candidats à des concours de fonctionnaire de la littérature. Une dernière précision, je ne fais pas carrière dans l'enseignement : je cherche juste (en profitant de l'opportunité d'expériences professionnelles réelles) à donner envie d'y aller voir, à ne pas fausser la vue d'un auteur, et non pas à considérer la littérature comme matière morte à étudier.

Bien à vous tous,

EB

7. Arcane 17 24/10/2009

@ Dominique : il fallait le dire et tu l'as dit. Parfait !

8. Dominique Hasselmann (site web) 24/10/2009

Je crois que c'est le titre "Eddie Breuil commente Clair de Terre d'André Breton" qui peut porter à confusion : j'ai eu la même réaction, à l'instant, en lisant cet intitulé et le commentaire qu'il a suscité de la part de Pascale B.

Car notre "réfractaire" a raison : si on nous donne une "explication de texte" ou "un commentaire composé" d'un poème d'André Breton, cela voudrait dire qu'il n'y a qu'une interprétation officielle de celui-ci et hors d'elle, point de salut !

On sait que toute lecture (roman, théâtre, poème, fiction, etc.) fait appel avant tout à l'imagination du lecteur et suscite en lui - en lui seul - des "associations" (au sens surréaliste du terme) qui ne sauraient être, par définition, normées ou délimitées par une approche plus ou moins autorisée parce qu'universitaire.

Je crois néanmoins (ou je l'espère) que le livre annoncé ici est surtout une étude sur l'environnement historique, esthétique dans lequel "Clair de terre" a vu le jour et qu'il ne saurait s'agir - si l'on en croit la table des matières abondamment fournie - de la lecture d'un texte qui s'imposerait de par les qualités de celui qui en a fait un objet d'études, placé sous son microscope de faculté (mentale).

Soit on relit ce poème d'André Breton et tout s'éclaire... soit on désire en savoir plus - les conditions qui ont provoqué sa rédaction, l'environnement dans lequel il a été publié et reçu, ses effets induits, etc. - et alors on achètera, peut-être, cette étude qui viendra s'ajouter à la pile de celles qui cherchent à figer le surréalisme dans l'histoire passée en la décortiquant au millimètre près, quitte à en occulter le jaillissement toujours présent... à la simple lecture de quelques lignes embrasées par sa poésie, ici ou là.

9. Pascale B. 20/10/2009

tellement habituée que mes messages passent avec succès que je n'avais pas réalisé que je devais passer sous le regard du web master...
Merci pour ton compliment, j'aime ces milles pétales que tu me lances et surtout leur couleur.
Elève réfractaire oui mais dans le bon sens du terme....je crois.
Je vois encore celui qui a voulu que je lui rende une critique du poème "Le dormeur du Val"
j'ai quand même bien aimé "Les fleurs du mal" de Baudelaire mais pas du tout celui qui m'a corrigée, il avait la rigueur d'un prof de math sur les explications attendues et pensais très sincèrement que je l'insultais là où mon dialogue ne concernait que Baulaire et moi.
Je déroutais aussi à l'époque le prof de math en faisant de mes équations des visions infinies...
J'ai su en garder quelque candeur..je pense

10. Arcane 17 20/10/2009

@ Pascale : non, Pascale, ton commentaire n'a pas été sabré mais, à présent, je suis contraint de valider les commentaires avant qu'ils n'apparaissent en ligne. En effet, depuis un certain temps, des petits rogolos laissent des commentaires tous aussi crétins les uns que les autres, sans compter, les liens vers des sites assez suspects… Par conséquent, j'ai dû opter pour cette validation au préalable.
Pour répondre à ton commentaire, je sais que tu as toujours été une élève réfractaire, une révoltée aux mille pétales de rose noire, et surtout, ne change pas.

11. Pascale B. 20/10/2009

mon commentaire a été sabré alors je recommence
Houu ça fait peur ça, voilà qu'on est apte à nous expliquer le pourquoi du comment....
Tu auras compris que je suis totalement réfractaire à ces explications de textes (cela me rappelle le lycée)

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