Asylum

 

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Un film de Catherine Bernstein

Georges Daumézon, psychiatre et pionnier des grandes réformes psychiatriques, décédé en 1978, laisse un carton de bobines 8mm filmées entre l’après guerre et la fin des années soixante.

Hauts murs d'enceinte, cours grillagées, barreaux aux fenêtres, clôtures électrifiées, trousseaux de clés, patients en pyjamas uniformes : filmé ici en noir et blanc, l'hôpital psychiatrique au milieu du XXe siècle rappelle les univers concentrationnaires où l'enfermement et la surveillance sont la norme. C'est contre ces pratiques aliénantes (que l'on qualifierait aujourd'hui de "sécuritaires") que toute une génération de psychiatres s'est dressée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, afin de faire de l'institution psychiatrique un véritable instrument de soins. Grande figure de ce mouvement de réforme, Georges Daumézon, l'un des pères de la psychothérapie institutionnelle, a tourné ces images en amateur dans les différents hôpitaux où il a travaillé de 1946 à 1978 : Fleury-les-Aubrais, Lyon, Sarreguemines, Villejuif, Maison-Blanche... Ses archives, des dizaines de bobines oubliées au fond d'une cave de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, ont récemment été mises au jour. Muettes à l'origine (mais ô combien parlantes !), elles sont montées sans commentaire, dans ce documentaire de Catherine Bernstein (Assassinat d'une modiste), accompagnées d'une bande son composée de notes dissonantes, de bruits insolites, de pas, de chuchotements, de bruits de porte. Des portraits de patients tourmentés aux réunions de malades, ces images envoûtantes apportent un sobre témoignage sur les conditions d'internement et l'évolution de l'hôpital psychiatrique, rendue perceptible par certaines scènes filmées en couleur.

Commentaires (1)

1. Dominique Hasselmann 22/04/2009

Oui, un film de science-fiction sur ce qu'est en train de devenir notre société de surveillance généralisée, avec un président de la République directeur de l'asile, une infirmière nommée B., une ministre de la Justice (chargée de l'économat) bientôt libérée, et des "patients" qui perdent de plus en plus patience.

Foucault avait écrit "Histoire de la Folie à l'âge classique" : il reste à écrire (mais sera-ce publié ?) une "Histoire de la Folie à l'âge sarkozyste".




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