Sur un orgue de Barbarie



Auteur : Carlo Suarès
Éditions : Arma Artis 
Année : 2008

"Sur un orgue de Barbarie" est le livre de Carlo Suarès qui m'a le plus marqué. Ce texte saisit et ne lâche plus car il ne cesse de questionner. De questionner dans la partie la plus reculée de l'être, là où se noue et se dénoue tout ce qui se veut certitude. C'est une voix qui apostrophe. Chercher à en déterminer l'origine serait déjà courir à sa propre perte car nulle possibilité de retour dès l'instant où elle se "matérialiserait"…
Je cède à présent la parole à M. Marc Thivolet en vous livrant un extrait de sa postface à ce livre :
F. PASCAUD.


(…) Sur un orgue de Barbarie fonde et déploie une trajectoire qui fait courbe et revient vers son point de départ pour se re-fonder. Les textes signés Carlo Suarès — les plus courts ne sont pas moins importants tant ils ramassent fondement et accroissement en une force qui est action immédiate — tirent leur origine de ce retranchement.
Il ne faut pas confondre auteur et sujet. Le sujet, parce qu'il n'est pas fondé s'affirme dans le seul accroissement, et ce dernier fait l'objet d'une retenue qui protège le dit sujet contre le sentiment intime d'être à la place de… ce rien qui le taraude et devient son refoulé, ce rien qui, pourtant, rend à l'être sa possibilité d'être.
Ici, l'auteur n'est pas le sujet de l'œuvre, celui qui en tire profit pour s'assurer de sa valeur en s'accroissant. Si le sujet est encore là, c'est dans sa débâcle autour du fondement dé-couvert. C'estf ce qui donne à l'œuvre sa tonalité dramatique. C'est ce qui fait (encore) du lecteur un témoin, avant qu'il ne saute au lieu du fondement reconnu.

Marc Thivolet





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