Enfant, Denise Glaser me fascinait. Mes parents et moi ne rations jamais son émission télévisée intitulée « Discorama ». Sa présence, sa sensibilité, son art du silence et de la question créaient une atmosphère particulière et laissaient ainsi place à l'inattendu. Dans ce Discorama de 1974, Denise Glaser recevait pour la troisième fois Léo Ferré. Cette rencontre — puisque c'est d'une rencontre qu'il s'agit et non d'une interview — est exceptionnelle car elle met en présence deux êtres qui savent « s'entendre » et donner à entendre. Ferré y est tour à tour révolté parfois cabotin et émouvant (le passage durant lequel Léo fait l'inventaire de ses poches compte pour moi parmi les grands moments de la télévision). Denise Glaser se verra remerciée lors de l'élection de Giscard d'Estaing en 1974 ; elle fera partie des grandes charettes puisqu'elle n'avait jamais caché son appartenance politique nettement à gauche. Dans les années 60, elle sera interdite d'antenne à trois reprises à cause de ses idées considérées trop à gauche ! Le dernier Discorama sera diffusé en janvier 1975. Elle ne reviendra jamais plus à la télévision et disparaîtra le 7 juin 1983 à Paris oubliée de tous. Parmi les personnalités, seules Catherine Lara et Barbara seront présentes à ses obsèques.
Fabrice Pascaud
1. 22/06/2009
Bon c'est pas léger tout ça ! Suggestion : peut-être pleure-t'on, pour se faire du bien là où notre humanité nous fait mal ! Là où notre rencontre avec le monde nous fait mal. Et lui, il avait très mal là !! Mais qui a dit ".. boys don't cry." ? Et Léo quand il cry, c'est un grand cri d'amour qui sort, et de tendresse d'Homme.
Merci Fabrice (t'en as encore beaucoup comme ça ?).