Le groupe dit du Grand Jeu s’est construit autour de René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte, condisciples au lycée de Reims. Ce mouvement, car il s’agit bien d’un mouvement, dont l’énergie s’est épuisée dans la dynamique de la spirale, a eu une assez brève durée de vie : 1924-1934 (la revue Le Grand Jeu n’ayant connu que trois numéros, de 1928 à 1932). Né durant les années « incendiaires » du surréalisme, ce groupe, constitué de jeunes gens (Maurice Henry, Pierre Minet, Luc Dietrish, André Delons, Roger Vailland, Roland de Renéville, le peintre Josef Sima... et en lisière, Carlo Suares) s’est distingué par une implication absolue dans la recherche des états modifiés de la conscience. Ces investigations donneront naissance à un texte marquant, signé René Daumal : L’expérience fondamentale. Dans ce texte, René Daumal relate son expérience pour parvenir au point limite de la vie et de la mort. Pour ce faire, il inhale du tétrachlorure de carbone utilisé pour tuer les insectes. Par la suite, Daumal rejoindra les groupes Gurdjieff. De son côté, Roger Gilbert-Lecomte, davantage poète inspiré que théoricien, se laissera « déporter » vers les drogues. Il écrira sur ce sujet M. Morphée empoisonneur public, qui traite du rôle de la drogue, et des interdits moraux et sociaux qui veulent en régenter l’usage. « L’ horrible révélation la seule » sera l’un de ses autres textes, où la vision de notre civilisation se heurte au récif de l’innommable...
1. 04/09/2010
Bonjour,
Puis-je utiliser, en le modifiant légèrement, votre compte rendu du livre "La crise du Grand Jeu" pour présenter ce livre dans le site que nous venons de mettre en ligne ( www.ddpme.com?
Cordialement