Nous sommes tous surréalistes

 

 

André Breton accorda cette interview au Nouvel Observateur le 10 décembre 1964 à l'occasion de l'exposition de Jean-Claude Silberman. Deux ans après, André Breton disparaissait. C'est donc sa dernière interview.

Une précision concernant cette interview donnée par André Breton, au Nouvel Observateur, publiée avec un titre choisi par la direction du journal. Utilisant son droit de réponse, Breton a répliqué par lettre, partiellement reproduite dans Le Nouvel Observateur du 17 décembre 1964, en déclarant :

 André Breton précise...

   ... Que le titre « Nous sommes tous surréalistes » donné à l’entretien publié, dans votre dernier numéro, a des « prétentions impérialistes » qui lui sont complètement étrangères. « Le prosélytisme est la négation de ce que j’ai toujours voulu et entrepris. »

(Merci à Jean-Michel Goutier et Gérard Roche de m'avoir transmis cette information.)

F.P.

 

Introduction rédigée par le Nouvel Observateur :

Quarante ans exactement après la publication du retentissant « Manifeste du surréalisme », André Breton suscite, une fois encore, une intense curiosité avec un petit texte intitulé « A ce prix » et qui sert de préface au catalogue de l’exposition Silberman. André Breton a 68 ans ; et sans doute l’inquiétude admirative qu’il provoquait s’est-elle changée en respect ; et de fascination en vénération, Breton est devenu le pape d’un mouvement jadis incendiaire et qui s’accorde mal des églises et des orthodoxies. Il reste que le compagnon d’Aragon, l’ami de Trotsky, l’auteur de « Nadja », des « Vases communicants » et de « l’Amour fou » est resté dans son combat et dans ses attitudes d’une intransigeante vigilance. Aucune académie, aucune institution n’a jamais songé à l’apprivoiser. A aucun moment, il n’a fourni de prétexte au conformisme. Bien plus, il lui est arrivé une curieuse aventure ! Ses rêves sont devenus la plus quotidienne des réalités et il peut les voir de par le monde, habillés sous les plus étranges uniformes. A propos de ce texte, Guy Dumur lui a posé quelques questions : sur les prolongements du surréalisme, le Pop’art et le nouveau roman ; la métaphysique et l’éducation sexuelle ; sur la politique aussi. André Breton, qui se départit mal de son silence, n’a pas hésité à répondre dans le Nouvel Observateur. Voici ses réponses. La suite ici fichier pdf

 

 

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Commentaires (9)

1. Dominique Hasselmann (site web) 16/06/2009

Ceci n'enlève en rien le fait d'enlever son chapeau devant ton travail - ou ton plaisir - accordé à la mémoire vive du surréalisme.

2. Arcane 17 16/06/2009

@ Dominique Hasselmann : effectivement, car j'avais oublié de faire ces précisions et l'un de nos visiteurs assidus a cru que j'étais l'auteur de ce « chapeau » comme on le dit en langage journalistique !

3. Arcane 17 16/06/2009

@ Étienne-Alain Hubert : votre intervention honore à la fois ce site et oriente avec précision les choses. Merci de votre intervention.

4. Étienne-Alain Hubert 16/06/2009

Le texte intégral de cet entretien avec Guy Dumur, qui a fait l'objet de coupures importantes de la part de la rédaction du "Nouvel Observateur", a été publié par Marguerite Bonnet dans "Perspective cavalière", (Gallimard, 1970, p. 229-237) et appartient aux Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, t. IV, 2008 (p. 1031-1037). La protestation d'André Breton contre le titre donné par l'hebdomadaire est reproduite p. 1436, n. 2.

5. Dominique Hasselmann (site web) 16/06/2009

Les précisions en rouge et la mention de la présentation par Le Nouvel Observateurs sont en effet utiles. Merci.

6. Arcane 17 14/06/2009

@ Dominique Lambert : Comme je partage votre réaction ! Je ne sais si vous vous adressez directement à moi, mais apprenez que je ne suis pas l'auteur des phrases que vous relevez. Celles-ci sont le fruit de la « haute pertinence journalistique coin-de-bureau».
Cette précision faite, merci pour vos paroles véhémentes !

7. Dominique Lambert 14/06/2009

(...) et de fascination en vénération, Breton est devenu le pape d’un mouvement jadis incendiaire et qui s’accorde mal des églises et des orthodoxies.

Breton est devenu le pape ? vous ne poussez pas la soutane un peu trop loin ?

(...) Ses rêves sont devenus la plus quotidienne des réalités et il peut les voir de par le monde, habillés sous les plus étranges uniformes.

c'est qu'alors, je ne dois pas être au monde ou bien aveugle ! je ne vois rien de tel...
quant aux uniformes, ils témoignent depuis un certain temps malheureusement de la misère et de l'aliénation, lesquelles ces derniers temps ont fondu sur la planète à la vitesse de la foi, cette autre ignominie mentale, ce dépouillement violent de l'individu au profit avoué de classes sociales plus que jamais à abattre...

sur un autre registre (?), je trouve la formule "champ de sécurité" assez peu heureuse... combien de miradors sur ce périmètre ? la clôture est elle électrifiée ? s'agit il de fers barbelés ? combien de caméras de surveillance ? sans parler de ces lieux de l'esprit où le plus scientifiquement du monde 1 + 1 ne font décidément pas 2...

8. Arcane 17 14/06/2009

@ Dominique : Oui, j'ai ce numéro du Monde et beaucoup d'autres articles datant de la disparition d'André Breton. D'ailleurs, j'en ai mis quelques uns en ligne. Je vais voir si je peux en "scanner" d'autres.

9. Dominique Hasselmann (site web) 14/06/2009

Merci de remettre sous nos yeux cette interview rare.

Je me souviens de l'annonce de la mort d'AB en "une" du "Monde" (mais en bas de page, faut pas exagérer !) ; je crois avoir conservé l'article mais pas les "Nouvel Observateur" de cette époque, nettement plus encombrants...

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Date de dernière mise à jour : 01/06/2014