L'art magique

Interview d'André Breton à propos de L'art magique. Cliquer sur la photo pour obtenir le document.

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Commentaires (5)

1. jacques 12/08/2009

je ne comprends pas,les gens dans vos iles etranges peuvent manger leur soupe avec leur portable et le trouver beau? ou alors j'imagine bien des gens faire une exposition de cure dent et les planter ensuite dans une statuette en coton finement epuré avec l'amour du travail bien fait qu'on parfois les peuplades eloignées de toute forme de civilisation contemporaine actuelle dis je vrai?

2. Pascale B. 11/03/2009

Il faudrait être Antonin Artaud pour pouvoir en parler avec aisance mèlant ambiguité et assurance. Pour notre part, nous ne pouvons qu'interpréter notre ressentir entre Art et Magie, Magie de l'Art et Art Magique. Les fils tissés de nos convictions s'entrecroisent dans les courants de pensées qui s'entre-lac.Tout est mouvance, rien n'est figé et tout dépend de la perspective de l'oeil qui regarde l'objet. Une cuillère en bois peut n'être qu'un simple objet usuel ou devenir le soulier qui annoncera la venue de la personne aimée (A.Breton en sait quelque chose).
Et moi qui côtoie une société dite "primitive" du Pacifique Sud, je peux vous assurer qu'il est très difficile de faire la distinction entre objet usuel, objet d'art et objet art magique parce qu'ils sont souvent les 3 à la fois.
Mais c'est tout nous ça, occidentaux, de vouloir cataloguer et fixer chaque chose dans un état permanent.
Bisous

3. Arcane 17 10/03/2009

Le problème de l'art et de la magie pose une question essentielle : l'acte magique qui pour les sociétés de type « incantatoires » et traditionnelles donne sens à l'organisation de la vie, invente et crée le présent, n'est pas perçu comme un art : l'indien hopi qui fait sa « poupée » ne fait pas œuvre d'art. C'est la vision occidentale qui perçoit ces rites et la création de son objet comme œuvre d'art. Ainsi, la notion d'art magique reste ambiguë. D'ailleurs Breton l'avait bien perçue d'où ses difficultés pour la réalisation de son livre qui, selon moi, est loin d'être le meilleur. Du reste, la dédicace qu'il avait faite à René Alleau était révélatrice : « Vous qui verrez à quelle distance du foyer je me suis brûlé ». Il en va ainsi de même pour la peinture, à savoir y a-t-il une peinture surréaliste ? Non ! En effet, quel rapport entre une toile de Tanguy, de Lam ou de Matha ? Aucun. C'est pour cela que Breton avait pris soin d'intituler son livre Le surréalisme et la peinture.

4. Jean-Jacques Fourmond 10/03/2009

Qu'il s'agisse d'art magique, d'art primitif, d'art des fous, l'art est ce que le surréalisme, en dépit de ses efforts, ne sera pas parvenu à proscrire. Au reste, Breton savait que c'était l'impasse dans laquelle trop d'amis s'étaient fourvoyés.

5. Domnique Hasselmann (site web) 10/03/2009

Tout art peut être magique, peu d'artiste parviennent à ce degré d'incandescence car ils manquent de cette ligne, de ce vecteur indéfinissable qui emporte celui qui écoute, regarde, feuillette, palpe (imaginons ne pouvoir toucher une sculpture de Rodin), lit au lit.

L'art magique n'est pas seulement l'art des populations incantatoires, l'intermède entre les terriens et les populations invisibles : c'est un tableau d'Yves Tanguy, un poème de René Char, une composition de Xenakis, une statue de Giacometti, un livre de Mandiargues.

L'art magique n'exige que la baguette de celui qui le rencontre sans savoir a priori vers quoi il s'engage.

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