André Breton plaqué au mur. Qui aurait pu penser une telle chose ?

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Commentaires (14)

1. Arcane 17 20/01/2009

À propos de Dali. Si vous allez sur le site de l'INA et entrez le mot : surréalisme en recherche, vous obtiendrez 12 pages. Douze pages où figure à 98% le sieur Dali ! Cela résume assez bien notre époque… Dali poursuivait la quête de l'or en barre ! Sur ce point, il est bien dans le temps.

2. Jean-Jacques Fourmons 20/01/2009

Fabrice (si je ne me trompe pas),

Hélas ! on a même accusé Breton d'avoir vendu "Le Cerveau de l'enfant" pour gagner de l'argent alors qu'il s'en était défait (avec quel déchirement !) parce que Chirico avait écrit des phrases inacceptables à son sujet.
Breton et Péret ne transigeaient pas avec les principes qu'ils avaient, eux-même, posés. Péret mangeait mal, ne pouvait se soigner, mais refusait de "manger de ce pain-là". Il est mort à même pas 60 ans, à une époque où l'espérance de vie était déjà bien supérieure.
C'est pour cela que j'ai écrit ce que j'ai écrit.
Pourquoi Breton et Péret auraient-ils accepté de vivre aussi misérablement alors qu'ils auraient pu "rouler sur l'or" comme Dali ?
Tiens, j'y pense, il n'y a pas de rue Salvador Dali à Paris. Ne faudrait-il pas réparer au plus vite une telle injustice ?
Non. Je plaisante : il y a déjà la rue de la banque...

Cordialement

PS : Avec les crétins qui prétendent que Breton était un marchand de tableaux, j'ai la même réaction que vous.

3. Arcane 17 20/01/2009

@Jean-Jacques : C'était durant les années 50. André Thirion, si ma mémoire est bonne, rend visite à André Breton et ressort bouleversé par les conditions d'existences catastrophiques dans lesquelles Breton vivait. Il en fait part aux autres membres du groupe.
Je saute des étapes…
Il réussit avec l'aide de la ville de Paris à lui faire décerner un prix où lui serait remis un chèque d'une somme assez substantielle. Thirion, soulagé, en fait part à Breton.
Breton a refusé ce prix et le chèque avec. C'est St John Perse qui l'aura à sa place.
Pour conclure, je pense que cette histoire répond à votre sentiment.

Alors, quand j'entends de jeunes crétins déclarer que Breton était un marchand de tableaux, j'ai tout simplement envie de leur casser la gueule ! Un marchand de tableaux n'aurait jamais vécu ainsi quand on sait les richesses que Breton avait chez lui.

4. Jean-Jacques Fourmond 20/01/2009

Nous sommes, je le crois sincèrement, sur la même constellation ; et je ne reproche à personne d'avoir rendu compte de la pose de cette plaque. Du reste, j'ai constaté et dit que l'article prenait une certaine distance à l'égard de "l'événement".
Je continue, cependant, de penser qu'André Breton n'aurait pas approuvé l'initiative de la ville de Paris. A présent, c'est fait. Tant pis !
Espérons seulement que cela permettra à quelques-uns (Peut-on espérer plus ?)de découvrir la vie et l'oeuvre du fondateur du surréalisme.

PS : Le bar existe toujours...

5. Arcane 17 19/01/2009

Ah ! Jean-Jacques, je sais maintenant où vous habitez… Jadis, il y avait un bar qui s'appelait "Le bateau ivre" juste en face du lieu que vous évoquez. Ainsi, sans être nommé, le Rimb n'est pas loin non plus.
Enfin, et sans vouloir jouer les arbitres, je pense que, fondamentalement, Dominique et vous, êtes sur la même "constellaction". Rappelez-vous cette pensée de Breton :
"Un mot et tout est sauvé.
Un mot et tout est perdu."

6. Jean-Jacques Fourmond 19/01/2009

Monsieur le vétéran de la salle Drouot,

Décidément, nous ne nous comprenons pas, et vous me lisez bien mal.
Je ne parle pas de "l'honneur de me battre", mais de "faire l'honneur à Breton de nous battre" pour les idées qu'il a lui-même défendues.
Souvenez-vous du tract "Ca commence bien" rédigé par le groupe surréaliste en 1954 à l'occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Rimbaud...
Il n'y aura sans doute pas de "files" de curieux devant le 42 rue Fontaine, mais des groupes de curieux comme il y en a un peu partout dans Paris. J'habite une rue où chaque jour on se rassemble parce que Verlaine et Hemingway y ont habité. Est-ce vraiment la meilleure façon de faire comprendre qui ils furent ?
Pour ce qui est de la référence à Héraclite et à Sade, elle renvoyait à un souhait de Breton, que vous devez sans doute connaître et auquel faisait allusion le créateur et animateur de ce site.
Enfin, comment penser que la fille d'André Breton pourrait refuser de participer à un hommage fait à son père ?
Vous parlez de l'ambiguïté d'un tel hommage, et vous semblez y tenir plus qu'à la prunelle de vos yeux. Si vous considérez cet hommage comme ambigu, c'est certainement parce que vous considérez aussi qu'il ne correspond pas à l'esprit d'André Breton. Et, si tel est le cas, je vous approuve totalement.
Au reste, n'est-ce pas dans les collages d'Aube Elléouët que se trouve l'un des plus beaux hommages au père et poète André Breton ? Serait-ce faire injure à celle-ci que de le rappeler ?

Toujours aussi cordialement.

7. Dominique Hasselmann (site web) 19/01/2009

Je vous ai sans doute mal lu, Monsieur Fourmond, qui ne donnez pas de leçons tout en administrant des cours de géographie urbaine : mais on trouve aussi des plaques indicatrices Rabelais, Rimbaud, Baudelaire... et même une terrasse Lautréamont (avec logiquement la rue de Montevideo) à Paris.

Quant à Héraclite, s'il s'était par aventure extraordinaire baigné dans la Seine, il n'a hélas pas renouvelé cet exploit, d'où l'absence de souvenir émaillé sur un mur de la capitale !

Tout ceci n'a jamais empêché les admirateurs de ces poètes de les aimer.

Puisque votre propos portait sur "l'événement", j'en ai rendu compte et ai bien indiqué l'ambiguïté que pouvait comporter un tel hommage (comme l'avait d'ailleur souligné Christophe Girard).

Mon ton que vous trouvez "hautain" était simplement irrité par le fait que vous pensiez que cette pose de plaque allait en faire "une nouvelle étape pour les curieux" : mais le surréalisme, ce n'est pas le Tour de France. Et je doute, je le répète, que l'on fasse la queue (pardonnez cette expression) devant une place ou un bâtiment adorné d'une indication en forme de dédicace funéraire.

Vous montez bien vite au créneau tout en réclamant "l'honneur de vous battre" pour ce "grand Indésirable" qu'était André Breton : vous étiez devant la salle Drouot le 18 avril 2003 ?

Et pensez-vous que sa fille se soit déplacée, vendredi dernier, pour rien ? Ce serait lui faire injure qui qualifierait méchamment celui qui la proférerait.

8. Pascale B. 18/01/2009

C'est dingue de voir avec quelle facilité on arrive à s'approprier les pensées d'une personne qui n'est plus au point d'arriver à faire l'exact contraire que ce que cette personne aurait souhaité tout en étant persuadé d'être dans son bon droit.
Qu'aurait pensé André Breton de ce très bel hommage qu'on voudrait bien lui rendre? une plaque tout de même....
Ne vous inquiètez pas M. Fourmond, cette belle phrase de Breton que vous citez aura encore de beaux jours tant qu'il y aura des gens pour lire les pléiades

9. Jean-Jacques Fourmond 17/01/2009

Ah ! oui ! Le "Grand Indésirable", comme Héraclite ou Sade, c'est bien ce que Breton voulait être. Faisons-lui l'honneur de nous battre pour qu'il en soit ainsi.
Il n'y a ni rue du Marquis de Sade ni place Héraclite à Paris...

10. Arcane 17 17/01/2009

C'est merveilleux. Le nom d'André Breton déclenche et déclenchera toujours des réactions passionnées.
Chapeau bas devant le Grand Indésirable !

11. Jean-Jacques Fourmond 17/01/2009

Monsieur le donneur de leçons,

Il y a beaucoup de lieux (sans musées) à Paris où il n'y a rien à voir. Et pourtant, s'y réunissent presque quotidiennement des curieux.
Pour ce qui est "d'y aller" comme vous me le conseillez, c'est plus que fait. J'ai travaillé pendant de nombreuses années à l'hôtel Blanche Fontaine.
Donner accès à l'oeuvre d'André Breton en publiant ses livres, en préservant ce qu'il avait acquis, et qui témoignait d'une sensibilité, me paraît, en effet, plus que nécessaire. Autre chose est d'apposer des plaques ou de "consacrer" des places à son nom.
J'ai réagi. N'est-ce pas mon droit ? Quant aux guillemets et à la parenthèse qui accompagnaient un passage de mon commentaire, vous ne les avez sans doute pas remarqués.
Du reste, vous m'avez mal lu ; mon propos ne portait pas sur l'article, mais sur "l'événement". J'ai perçu la distance dont vous parlez, et ce n'était pas l'auteur ni l'article que je critiquais. Il n'y a donc pas que la vie qui demande à être "déchiffrée comme un cryptogramme"...
"Radical" (Breton le fut), "manichéen" (Breton l'était parfois). Pourtant, vous jugez bien vite. Il semble que vous le soyez plus que moi puisque vous prenez un ton très hautain pour me répondre.
Quant au pauvre Michel, qui adopte une rhétorique faite de calembours assez usés, qu'il se donne la peine de signer de son nom. Le petit courage que cela lui demandera lui donnera l'occasion, une nouvelle fois, d'applaudir.

Cordialement

12. michel 17/01/2009

bravo D.H et toc pour monsieur J-J F
qui se "place" en "déplaçant"

13. Dominique Hasselmann (site web) 17/01/2009

Si c'est "sans importance", on se demande pourquoi vous prenez la peine d'écrire un commentaire.

"Nouvelle étape pour les curieux" ? Mais, allez-y et "circulez, il n'y a rien à voir !"

Le 42, rue Fontaine n'a pas été transformé en musée et aucune file d'attente ne se massera sur le trottoir devant le music-hall local.

Si vous n'avez pas perçu une certaine "distanciation" dans l'article, dommage.

Néanmoins, en suivant votre raisonnement qui se veut sans doute radical, il n'aurait pas fallu, en avril 2003, qu'un certain nombre de personnes se mobilisent pour éviter la dispersion à tous vents des oeuvres et objets d'art qu'André Breton avait patiemment réunis chez lui.

Il n'aurait pas fallu sans doute non plus que "La Pléiade" édite en mars 2008 un très bel "album" iconographique sur le poète surréaliste (avec en couverture cette même photo), et figurant d'ailleurs dans cette collection de prestige. Qui l'eût cru, à son époque ?

Tout n'est pas si simple et facilement manichéen : "La vie demande à être déchiffrée comme un cryptogramme" (Nadja).

14. Jean-Jacques Fourmond 17/01/2009

Que dire de cette initiative du Conseil municipal de la ville de Paris ?
Tout cela est "sans importance" (au sens où l'entendait Vaché).
Ce quartier reste, bien sûr, attaché à la personne d'André Breton. Fallait-il, pour autant, consacrer une place à son nom ? N'est-ce pas faire de ce lieu une nouvelle étape pour les curieux ?
Qu'on songe à tant de rues de Montmartre, qui ne sont plus que les stations du chemin de croix culturel devant lesquelles les "croyants" doivent se prosterner !
Où est le temps où Breton pouvait écrire : "Chacun ira disant que j'habite rue Fontaine et qu'il ne boira pas de cette eau." ?

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